Un médecin-chirurgien a fait pression sur un journaliste romand de Tamedia en lien avec un des ses articles en préparation. L'information ressort d'une décision de la Chambre civile de la Cour de justice de Genève.
Le médecin, qui avait été temporairement interdit d'exercer suite à une procédure disciplinaire cantonale, se plaignait du fait que ce journaliste avait rencontré plusieurs de ses patients. Il a déposé une demande de mesures superprovisionnelles pour lui faire interdiction, ainsi qu'à TX Group SA / Tamedia Publications romandes SA, de contacter ses patients et de publier tout article à son sujet.
Il estimait que "la publication d'un article le concernant aurait des conséquences directes sur ses intérêts économiques" et accusait le journaliste d'avoir communiqué "des informations personnelles sensibles le concernant à ses patients".
La Cour l'a débouté, estimant qu'à ce stade, l'objet de l'article n'était pas connu et que "le fonctionnement du marché sur lequel le requérant est actif n'est pas nécessairement perturbé par le simple fait que le journaliste travaille dans un groupe de médias dont l'audience est importante". Par ailleurs, "le fait pour un journaliste de contacter des personnes à mêmes de l'éclairer sur le sujet qu'il traite ne peut être considéré comme déloyal".
Enfin, "le fait de mentionner que le requérant est suspendu n'est vraisemblablement pas déloyal ou attentatoire à sa personnalité dans la mesure où le fait est vrai et qu'il ressort vraisemblablement d'une base de données fédérale publique".
Le médecin était défendu par Guglielmo Palumbo (Habeas Avocats). Le groupe Tamedia était défendu par Kevin Guillet (Proxima Legal).