Le Ministère public de Genève a refusé d'entrer en matière sur une plainte déposée en avril dernier par la banque privée genevoise Reyl & Cie SA pour violation du secret bancaire, révèle Le Temps.
La plainte faisait suite à la publication d'une enquête par un consortium international de médias, dont la Tribune de Genève, faisant état de faiblesses supposées dans le dispositif anti-blanchiment de l'établissement, de la présence de multiples personnes politiquement exposées (PEP) parmi sa clientèle et d'une enquête de la FINMA.
La banque, en mains du groupe italien Intesa Sanpaolo, avait notamment demandé la perquisition de deux rédactions et de trois journalistes du groupe Tamedia, et que les auteurs des articles soient auditionnés.
Le procureur général Olivier Jornot n'en fera rien: dans une ordonnance datée du 18 novembre 2025, il estime que les perquisitions et auditions demandées sont "impropres à fournir les éclaircissements nécessaires", rappelant que "la protection des sources journalistiques est absolue".
Les informations publiées relèvent de l'intérêt public, juge le parquet, car elles sont "susceptibles de mettre en évidence d'éventuels dysfonctionnements de la place financière suisse".
La décision n'a pas fait l'objet de recours et est entrée en force. "Cette ordonnance pourrait faire date dans le débat sur la liberté de la presse en Suisse", explique Tamedia. La banque était représentée par Louis Burrus chez Schellenberg Wittmer.