Au cours des dernières décennies, de plus en plus de médias ont mis la clef sous la porte. Avec quelles conséquences ? «Quand les journaux locaux disparaissent, la corruption se développe». C'est la conclusion à laquelle parvient une étude de la Columbia Journalism Review, qui a analysé la fermeture de 65 grands quotidiens aux États-Unis entre 1996 et 2018, croisée avec les données de la justice fédérale en matière de poursuites anti-corruption.
Résultat ? «Toutes choses égales par ailleurs, la fermeture d'un journal entraînait une augmentation de 6,9 % des poursuites pour corruption, de 6,8 % du nombre de personnes mises en examen et de 7,4 % du nombre d'affaires engagées».
La présence ou non de journaux locaux influence également la manière dont les procureurs traitent les affaires de corruption. «Après la fermeture d'un journal, les procureurs étaient plus enclins à proposer des accords de plaider-coupable plutôt que de porter les affaires de corruption devant les tribunaux. Cela suggère que les journaux peuvent jouer un rôle important dans la médiatisation des affaires de corruption, peut-être en maintenant la pression sur les procureurs pour qu'ils les mènent à bien ou en sensibilisant davantage le public à ces affaires».