L'associé d'une étude genevoise a obtenu des mesures provisionnelles et superprovisionnelles contre Public Eye en amont de la publication d'une enquête sur les ramifications suisses de l'affaire Riad Salamé. Ces mesures, accordées en juin dernier par le Tribunal de première instance de Genève, empêchent l'ONG de révéler son nom.
L'homme de loi administre deux sociétés genevoises, SI 2 SA et Red Street 10 SA, qui auraient permis à l'ancien gouverneur de la banque du Liban d'acquérir deux immeubles sur la Côte vaudoise avec des fonds d'origine suspecte. L'avocat aurait agi «en tandem avec un promoteur immobilier bien connu de la place», précise l'enquête.
Cité dans l'article, l'avocat précise qu'après «quatre ans d'enquête, le Ministère public de la Confédération n'a manifesté ni intérêt à m'entendre ni reproche à mon endroit». De son côté, Public Eye estime que «ce recours à la justice est symptomatique des pressions toujours plus fortes qui pèsent sur les journalistes et les ONG d'investigation».